Un peu d'histoire...

Situé en grande banlieue de Marseille, le site a été acquis par mon arrière-grand-père en 1914 pour mettre sa famille à l’abri des restrictions alimentaires qu’il avait connu dans cette ville pendant la guerre de 1870, le lieu n’avait alors pas de vocation agricole à proprement parlé. Il a permis à ma famille de se rapprocher d’une zone de production de cultures maraichères diversifiées et de pouvoir manger, tout simplement. Roquevaire, Aubagne et les communes environnantes étaient déjà à cette époque "la" ceinture verte de Marseille.


En 1953, mon père s’est installé comme maraicher, sur la surface en propriété de 1,5 hectares. Dès 1968, il a installé les premières serres en verre de la région, sur 900 m². A ce moment-là, la vente se faisait par "partisane", sur un marché très réputé de Marseille, celui du cours Julien : Il expédiait sa récolte du jour par un messager, n’ayant pas lui-même le véhicule adéquat. Un portefaix déchargeait le camion, un peseur-juré validait le poids de chaque marchandise, et la partisane vendait à la multitude de petits épiciers qui fleurissaient chaque rue de la ville. Mon père était payé la semaine suivante mais n’avait pas le contrôle du prix de vente et devait s’acquitter de rémunérer tout ce monde. La contrepartie est qu’il passait tout son temps en production.

 

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Après cinq années de formation (lycée agricole, BTS Maraichage et spécialisation "agriculture au goute à goute" en Israël), je suis arrivé sur la ferme, en 1991. Des évolutions sont intervenues : vente au détail sur les marchés des villages environnants, augmentation de la surface en abri froid, passage en culture biologique depuis 1998, augmentation de la surface de légumes de plein champ, développement de la vente en Amap, vente directe à la ferme

Après quelques années de culture conventionnelle, pendant lesquelles j’avais déjà une sensibilité écologique de mon métier de paysan (je n’utilisais aucun engrais chimique mais des apports organiques, la gestion des insectes tenait compte des prédateurs naturels…), je suis finalement arrivé à une impasse en technique de production pour certaines cultures.

    • Je produisais des fraises très appréciées, dès 9 h, au marché, je n’en avais plus. Mais  les fraisiers sont très sensibles à un champignon du sol (le phytphorta fraggae), je procédais donc à une désinfection du sol comme le préconisait les services d’aide aux agriculteurs. Cette désinfection chère et lourde de conséquences pour les équilibres du sol (elle tue tout ce qui vit sur les vingt premiers centimètres du sol) a laissé intactes quelques formes de vie du champignon qui, se retrouvant seul dans tout ce volume de sol, sans concurrence, s’est développé et a anéanti ma culture juste avant la récolte... 

Quelle déconvenue pour moi et mes clients !!! 

La lutte chimique donnant ce résultat-là, malgré ce que j’avais appris pendant les cinq ans de formation, cette dernière seulement tournée sur ce type d’agriculture conventionnelle et dépendante aux produits.

Quel a été son intérêt ?.... 

C’est cette déconvenue, qui m’a décidé à passer en culture biologique. Le dégât a eu lieu en mai 1998 et la première visite par un organisme de contrôle en octobre 1998.

 

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